Nous voulons des machines pour se faciliter la vie. Nous avons besoin des machines pour travailler plus. Nous aimons les machines qui nous rendent solitaire. Nous ne pouvons pas vivre sans les machines. Nous ne sommes pas des machines.

Le discours sonne comme un poème, prononcé derrière la vidéo. La voix est déformée. Oui, nous ne sommes pas des machines. Et oui nous ne pouvons plus vivre sans. C’est là toute l’ambiguïté et la richesse du projet de l’artiste suisse Tobias Gutmann, parti depuis plus d’un an à travers le monde avec son Face-o-mat. Imaginez un photomaton constitué de MDF (panneaux en particules de bois), des pinceaux, des encres, des feuilles de papier, un modèle, un artiste, un trou de la taille d’un visage pour communiquer entre le modèle et son artiste.

En trois minutes, le client repart avec son portrait dessiné selon ses choix : couleur ou noir et blanc, classique ou avant-gardiste, naturel ou lifté. En quelques mois, la machine à fabriquer de l’humain a voyagé 25 000 kilomètres avec plusieurs arrêts par Stockolm, Milan, Londres, Tokyo. Ce sont des milliers de visages imprimés, décortiqués, fantasmés, plus ou moins abstraits, tous avec une identité et une approche graphique différente que l’artiste réinterprète à sa manière, entre la plastique et la poésie d’un film de Michel Gondry et les tableaux abstraits de Kandinsky. C’est en devenant lui-même une machine que l’humain devient plus humain. Non, nous ne sommes pas des machines. Des machines folles peut-être.

 

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Face-o-mat Travels the World – 2013 from Tobias Gutmann on Vimeo.



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