C’était l’époque où Blacko faisait encore partie des Sniper, l’époque où Joey Starr ne jouait pas encore à l’acteur et surtout l’époque où les membres de 1995 étaient encore dans les couilles de leurs pères. Cette époque, c’est celle de Sully Sefil. Celle de « J’voulais ».

Sully Sefil

Nous sommes alors en 2001, SullySefilstic, l’album du rappeur, truste les charts français avec notamment 600 000 exemplaires vendus de son single phare « J’voulais ». Cette chanson, elle raconte un braquage qui tourne mal. Tout cela pour avoir une vie « fantastique » lui et sa femme. L’histoire de ce titre, c’est Sully Sefil en personne qui nous la raconte : 

« En fait l’idée est née tout simplement. Avant le succès de « J’voulais » je ne pouvais pas vivre de mon art, j’étais dans une spirale métro, boulot (à la con) dodo que je ne supportais plus. On dit qu’il n’y a pas de sous-métier mais certains ne te rendent pas fier. Cette frustration et l’amour que je portais à ma femme, cette envie de la rendre heureuse a guidé mon stylo. J’ai donc extériorisé mon mal être à travers ce texte. On peut dire que ma musique m’a sauvé ! »

Cette chanson, il la partagera à un grand nombre dans un clip devenu célèbre ( notamment grâce à la cabine téléphonique ) mais aussi sur la scène du Stade de France lors du concert Hip-Hop organisé par Skyrock : Urban Peace. Cette prestation scénique devant près de 40 000 personnes en septembre 2002 aura été la dernière avant la disparition médiatique du rappeur. Le début des années 2000 fut donc intense et synonyme d’une ascension rapide pour Sully Sefil. La descente sur terre fut aussi une belle expérience, c’est lui qui le dit.

« « J’voulais » a effectivement été un gros succès qui m’a permis d ‘être libre et de m’accomplir artistiquement, donc ça n’a été que du bon! En ce qui concerne le fait d’être reconnu dans la rue, de signer des autographes, d être sollicité pour des photos, j’avoue que c est un sentiment particulier. Bien sur cela reste positif de sentir l’amour et l’intérêt que les gens te porte, il faut juste s’adapter. Cela fait partie du jeu et au final ça reste cool, c’est un métier. J’ai écris un titre « Ça fait bizarre » qui exprime parfaitement ce que je ressentais lorsque j ai découvert cette nouvelle vie. »

Depuis 2002, plus personne n’a entendu parler de Sully Sefil. Pourtant le MC aux tâches de rousseur n’a jamais rien abandonné, ni la musique, ni la mode, l’une de ses grandes passions.

Royal Wear

« Passionné de fringues, j’ai été le premier artiste hip-hop rap à développer sa marque de vêtements avec Royal Wear ( fondée en 1998). Je me suis donc beaucoup occupé en créant des collections de parfum, de sneakers, de bagagerie mais aussi des boissons énergisantes. J’ai également produit des sons pour différents artistes. »

 

Des fringues, de prod’s, mais aussi quelques apparitions contre son gré dans des sons d’autres rappeurs. Dans « Rats des villes », Booba entonne un « Y’a pas que le pe-ra dans la vie, tu rappes à en devenir débile, Une pensée pour les rappeurs disparus comme Sully Sefil ». La Fouine et MC Jean Gabin feront eux aussi des références un peu moins explicites au rappeur dans Krav-Maga et dans  J’t’emmerde  avec les punchlines respectives « J’ai vu ton gars en Royal Wear j’avais honte pour lui » et « La syphilis dans le rap ça fait bizarre ».

 

 

Mais si l’on parle de Sully Sefil plus de dix ans après son premier succès, c’est aussi parce qu’il ne manque jamais de nouveaux projets. En effet, Sully sortira bientôt un nouvel album aux sonorités … rock. Et une nouvelle marque de vêtements aux penchants plutôt … rock.

« J’aime entreprendre, j’aime créer du neuf, voila pourquoi aujourd’hui je développe un nouveau concept son nom: « ROCK THE STREET » X.

J’estime avoir ambiancé la rue toute ma vie avec mes sons, mes vêtements. J’ai organisé des défilés dans la rue, peint dans la rue, dansé dans la rue. La mode, les tendances naissent dans la rue et les super-héros urbains également! Rock The Street est une nouvelle marque de vêtements bien calée dans son époque, mais c’est avant tout un état d’esprit à travers duquel je réunis les acteurs urbains et plus encore: riders, skateurs, musiciens, BMX, styleurs, surfeurs, snowboarders. Le logo X symbolise la croisée des styles, des univers car Rock The Street est pluriculturel. Pour moi, la musique et la mode vont toujours de paire, je finalise donc actuellement mon nouvel album. J ai le sentiment de m’être trouvé artistiquement. J’ai aujourd’hui un groupe de méchants musiciens venus du Rock, j’ai toujours aimé cette musique et j’ai enfin trouvé mon son, bien personnel que j’ai nommé STREET ROCK MUSIC. Un véritable nouveau souffle que j’ai hâte de faire découvrir. Je n’ai pas changé, j ai simplement évolué et j en suis très fier! L’ART-ÉVOLUTION est en marche. X. »

 

Un grand merci à Sully pour sa gentillesse, sa patience. On lui souhaite un bon courage pour la suite de sa carrière.



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