A pro-European integration protester sits in a burnt police bus after a rally near government administration buildings in Kiev

 

Il n’est rien de plus simple aujourd’hui que de deviner à quoi joue la Russie et de quelle manière le feuilleton russo-ukrainien va se terminer. En effet, il s’agit, à quelques détails près, de la saison 2 tant attendue de Back in the USSR. La saison 1 nous avait amené en 2008 en GéorgieVlad Pout, la star de la série, envahi l’Ossétie du Sud avec son compagnon Dimedved. Evidemment, les personnages et les situations de cette série étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Rappelons les faits. Le 21 novembre dernier, Kiev suspend les négociations sur un accord d’association avec l’Union européenne. Les tractations duraient depuis cinq ans et la signature était prévue pour la semaine suivante. Ensuite, comme toute bonne révolution, il faut : une place, des pavés, des cocktails molotov, des pneus, de la soupe, un motif et un président corrompu. Tout est alors réuni pour une saison 2 palpitante. La place Maidan, ou de l’indépendance, se transforme au fur et à mesure des semaines en champ de bataille jusqu’au zénith de ces contestations : les balles réelles. Ianoukovitch ayant tapé dans le dur, c’en est trop et il est destitué par son assemblée. Il parlera par la suite de coup d’état alors que Yulia Tresse Dorée sort de taule pour éventuellement revenir sur le trône.

Après la révolution orange de 2004, plus rien ne semble arrêter le rouleau compresseur russe et l’Europe voit rouge. « Le président russe Vladimir Poutine veut une grande union eurasienne. Elle ne peut pas se faire sans l’Ukraine. De plus, le gaz russe exporté vers l’Europe transite par l’Ukraine. Enfin, l’Ukraine n’est pas qu’un enjeu économique et stratégique, pour la Russie, c’est aussi un enjeu symbolique. Qu’elle gagne le camp occidental fragiliserait le président Vladimir Poutine, qui n’a plus l’aura d’hier dans son propre pays ».  La Russie est locataire d’un p’tit bout de terrain à Sébastopol et d’une place dans le port. La flotte entière russe destinée à contrôler la mer noire vient de retourner ses canons vers les centres stratégiques et symboliques de Crimée. Le chef de la marine ukrainienne nommé vendredi dernier par le président ad interim  Olexandre Tourtchinov prête allégeance aux autorités prorusses. Des types en uniformes russes, parlant russe, avec des gueules de russes et des dégaines de russes punissent les militaires ukrainiens en confisquant leurs jouets et en les privant de sortie, mais officiellement, ce ne sont pas des militaires russes puisque rien ne les distingue, on parle alors de « milices pro-russes armées ». De l’autre côté, c’est distribution de petits pains au chocolat et de passeports russes pour celui qui veut. Oui, la Crimée rejouera bientôt dans l’équipe des rouges. On ne peut pas vraiment dire que l’Union européenne ait été au top de sa forme sur ce dossier. Ainsi l’Europe est « guère pressée d’accueillir en son sein une Ukraine divisée ». En gros, l’Europe a le rôle de l’allumeuse de la série qui chauffe sans rien faire. Tous les frustrés auront envie de la déboîter à la première occasion. Néanmoins, la répression sanglante des derniers jours l’a un peu réveillée : « elle envisage des sanctions et une troïka européenne (Allemagne, France, Pologne) est partie négocier à Kiev ». Une Europe molle de la teub, un russe sur-excité quand on lui dit non et un vétéran américain prêt à revivre les épisodes les plus palpitants de sa jeunesse pourrait bien nous amener au mieux à une troisième guerre mondiale et au pire à la faillite de GDF Suez et à un hiver 2014 un peu plus frais dans nos baraques sans gaz.

 



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