Dans le cadre de sa tournée européenne durant tout le mois de novembre, le meilleur duo mixte rock de la décennie a.k.a The Kills  posait ses valises en France à cinq reprises. Paris et L’Olympia tout d’abord puis venait (ou viendront) Lyon, Toulouse, Nancy et Nantes. C’est sur leur date au Transbordeur de Villeurbanne hier soir que WTFRU avait choisi de miser toutes ses économies du mois afin de vous faire revivre un concert qui s’annonçait d’avance explosif.
Mais ça commence mal quand on se rend compte que le concert n’avait pas lieu à 19h comme annoncé un peu partout mais à 20h30… pour la première partie. Beaucoup d’attente donc. Et qui dit attente dit bières, évidemment. Heureusement, Steve Jobs a inventé l’Iphone et en a découlé un catalogue impressionnant de petits trucs supers addictifs. « Puissance 4 » et « IJewels » en tête.

Bref, c’est l’heure de la première partie, assurée par le trio Weekend. A ne pas confondre avec The Weeknd, une des grosses hype des derniers mois. Néanmoins, les trois petits californiens se défendent niveau buzz puisque bien notés chez la sacro-Sainte rédaction de Pitchfork et surtout repris pour le trailer de la sixième saison de Dexter.
Sauf qu’en live, c’est pas encore ça. Si le début du show laisse envisager un bon moment en perspective, on se rend vite compte que la scène, c’est pas leur truc. Pas aidés par une logistique capricieuse, le groupe a eu la mauvaise idée de faire durer leurs morceaux sur cinq voire six minutes. On a connu mieux pour réveiller une salle déjà remplie ras-la-gueule. Et faire du bruit ne suffit pas pour ça. A la limite de l’audible, le groupe aura vu sa prestation aller en décroissant. Bon point tout de même, le batteur est plutôt bon et puis allez, on va pas faire les salauds, ça demande une écoute dans d’autres circonstances parce qu’on sent un potentiel sympa.

Mais le public (étonnement jeune) est là pour autre chose. Et il faut attendre 21h40 (comme prévu sur la petite fiche…) pour voir notre fake couple favori monter sur scène. Avant ça, on a eu le temps d’admirer le décor en peau de léopard derrière, les tambours, les six ou sept guitares de Jamie et surtout un ingé-son dont le débit de vulgarités à la seconde dépassait de très loin ce dont est capable de faire un Eric Cartman. Chapeau.
A peine sur scène, on s’aperçoit que VV arbore une teinture rose pas du goût de tout le monde. Et le premier « à poil » retentit. Bien vu bro’. Pas là pour plaisanter, Jamie appuie sur sa petite machine magique et les premières notes de Now Wow retentissent. Le riff de guitare est puissant et Alison, qui a eu le temps de faire cinq fois les cents pas, s’empare du micro. La magie opère directement et nous voilà parti pour une heure et demie de best of des Kills. Bien évidemment, la première partie du show renvoie directement au dernier album en date, Blood Pressures, et s’enchaînent alors Future Start Slow, Baby Says, DNA ou encore Heart is a Beating Drum. L’occasion de voir une nouveauté dans le show des Kills avec la participation d’autres protagonistes, à savoir quatre mecs habillés de la même façon venus pour taper sur les tambours. L’effet est réussi puisque les morceaux gagnent en puissance et donc en esprit rock. D’ailleurs, le rock n’est pas pour les sensibles et deux tout mignons teenages n’auront pas résisté bien longtemps à la fosse puisque directement convié à passer par la case « Poste de secours ».

Si ce petit plus tambourinant n’est pas pour déplaire, c’est évidemment lorsque le duo se retrouve seul sur scène que l’ambiance gagne en saiks attitude.

   Hitched, Fried my little Brains, I Hate the Way You Love des deux premiers albums viennent se rappeler aux bons souvenirs des premiers fans mais c’est bien évidemment les morceaux de Midnight Boom qui remportent haut la main la palme du succès. Il va s’en dire que c’est avec cet album que le groupe a connu une toute autre renommé mondiale au point de devenir tout autant des icônes musicales que people. Ceci explique peut être aussi la moyenne d’âge relativement faible du public (entre 18 et 25 ans pour 90% des gens présents). U.R.A Fever, Cheap & Cheerful, Tape Song autant de tubes qui n’ont pas mis plus de trois secondes chacun pour conquérir la salle. Tout comme le single Satellite du dernier album. Surprenant quand on sait que le morceau avait divisé, même parmi les plus irréductibles fans.
Quoiqu’il en soit, on en prend plein les mirettes, tout est carré, pensé et même si on peut regretter le manque d’improvisation, on ne peut que s’incliner face à la teneur du show, chaud. Jamie est moche, drogué, alcoolisé mais il a de l’allure et du style comme peu. Et que dire alors d’Alison ? On la sent peut être encore timide par moment mais ce n’est plus la petite complexée de l’époque qui vomissait sur scène. Aujourd’hui, elle sait que son aura sexuel frôle le 100% et n’hésite plus à en jouer. Couplets yeux dans les yeux, à quatre pattes ou petite courbette, VV en a sous le pied et en use. Sa voix brailleuse, ses nombreuses gesticulations font qu’elle s’accapare l’espace scénique avec une telle facilité qu’il faut des numéros en solo de Jamie pour qu’on se rappelle de sa présence. C’est déjà l’heure du rappel (très bien emmené par le public d’ailleurs), les tambours du bronx sont de retours, Jamie, clope en main, s’est entiché d’une jolie casquette de marin et VV boit une bière. Quatre morceaux dont les deux derniers en forme d’apothéose avec l’énorme Fuck the People des débuts et le très beau The Last Goodbye, en guise d’adieu.

Une heure trente, montre en main. Ils ont tellement mangé de la scène qu’ils savent, à la virgule près, ce qu’ils doivent faire pour enflammer une salle. Moins intimiste mais plus interactif, The Kills réussi sans mal son tour de force et est venu donner une leçon de rock façon 2K11.


Photos: Damien Lorek (tous droits réservés ©)

U.R.A Fever

Future Start Slow

Tape Song



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