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Le Rwanda a célébré la triste commémoration du génocide durant lequel 800 000 personnes ont trouvé la mort entre avril et juillet 1994. Au début du XXème siècle, les colonisateurs allemands décident, sur des bases ethnologiques, que la population Tutsi de part sa morphologie est supérieure à la population Hutu. Les belges, après leur victoire sur les troupes de protection de l’Afrique orientale allemande à la fin de la Première Guerre mondiale, héritent du pays et décident de maintenir l’ordre social tel qu’il avait été décidé par les allemands et ce, avec le soutien de la Société des Nations. Vous connaissez la triste suite.

Aujourd’hui, le Rwanda relève la tête et fait partie, selon les derniers chiffres du Quai d’Orsay et les observations d’autres acteurs internationaux, des « pays émergents prioritaires ».  Avec 8,2 % de croissance annuelle sur ces cinq dernières années et un taux de pauvreté en recul, le Rwanda attire les investisseurs internationaux qui financent plus de 40% du budget du pays, comme nous l’indique Yves Altazin, Directeur de Frères des Hommes. L’ONU décerne même à Kigali le titre de meilleure capitale africaine en 2008.  Ainsi, le cap est mis sur le secteur tertiaire, notamment les banques et le tourisme, pour moderniser ce qui pourrait bien devenir le tigre africain. Néanmoins, les plus grands défis restent à relever notamment au niveau de l’aménagement du paysage urbain, l’autosuffisance énergétique et alimentaire et en matière de sécurité.

Le Rwanda est le pays le plus densément peuplé d’Afrique avec 456 habitants par kilomètre carré alors qu’en 2009, pour l’Afrique, la densité est légèrement supérieure à 30 habitants au kilomètre carré, soit quatre fois inférieure à celle de l’Union européenne . En plus de cette forte densité, son enclavement au sein de la région des Grands Lacs et son relief très accidenté aggravent la pression foncière.

La particularité de l’agriculture rwandaise réside dans le fait que la majorité des exploitants ne possèdent que de très petites parcelles rendant leur survie compliquée. Au large des hauts bâtiments de la capitale en plein essor, il n’est pas rare de voir de populations en situation très critique de pauvreté et sans eau ni électricité. Yves Altazin nous explique encore que « sans appui, ils n’ont aucune opportunité pour développer des activités leur permettant de sortir de leur situation de survie. Facteur aggravant, l’économie rurale est durement touchée par la concurrence des produits d’importation à bas prix ». Un programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA) est sur les rails, mais ne suffit pas à améliorer la situation de plusieurs milliers de paysans ne pouvant vivre de leurs récoltes. Dans ce pays où 90% de la population est engagée dans l’agriculture, il est vital de proposer des alternatives. Des ONG rwandaises se mobilisent pour apporter leur expertise. « Leur objectif premier est de garantir leur autosuffisance alimentaire en introduisant notamment des techniques d’élevage et de maraîchage adaptées aux petites parcelles ».  Avec l’excédent de leur production, ils peuvent aussi dégager un revenu pour faire face aux frais de scolarité et de santé des familles et donc améliorer leur niveau de vie.

« Les faits sont têtus » mais il appartient aujourd’hui au gouvernement rwandais de contrôler cette croissance folle et d’offrir à son peuple les perspectives d’un avenir stable et durable.