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Toutes les droites européennes ont attrapé simultanément une gaule énorme il y a une quinzaine de cela grâce ou à cause de la votation populiste suisse visant à mettre fin à l’immigration de masse. Pour nos amis néophytes, la votation en Suisse est un sport national au même titre que le combiné nordique et le curling. Trois principaux types de votations permettent aux citoyens helvétiques d »orienter la politique de leur pays :
a)le référendum obligatoire, d »abord, qui doit être organisé avant toute révision de la Constitution ou adhésion à une organisation supranationale ;
b) le référendum facultatif, qui peut être décidé par huit cantons (sur vingt-six) ou 50 000 citoyens dans les cent jours qui suivent l »adoption d »une norme, pour modifier ou retirer celle-ci ;
c) l »initiative populaire, qui permet à 100 000 citoyens réunis de proposer une modification de la loi. Cet exemple de démocratie ultra participative fait envie à de nombreux pays occidentaux, mais difficile d’en contrôler les dérives.

Il existe deux manières d’interpréter le vote initié par l’UDC, le parti radical de droite : une technique et une politique. La première est relativement facile à saisir. Le territoire suisse est principalement composé de lacs et de montagnes ce qui fait du manque de place la principale préoccupation des autorités lorsque nous parlons de planification urbaine. La densité de population est de 181 habitants au kilomètre carré pour une population approchant les 8 millions (112 hab/km2 pour la France), néanmoins la hausse des loyers et le manque de logements tracassent la populasse dans son intégralité. Vu qu’il n’est pas encore prévu de bétonner les lacs et d’aplatir les montagnes, vous comprendrez aisément que le manque de place inquiète. Concernant l’interprétation politique, les cantons les plus hostiles à l’immigration de masse sont les cantons où le taux de chômage est le plus élevé et où le taux d’immigration le plus bas. Reconnaissez ici la peur de l’inconnu assortie d’un vote anti-élitiste remmettant considérablement en cause la politique actuelle.

Voici pour les bases. Maintenant, gardons à l’esprit que la Suisse est une économie en pleine croissance, proche du plein emploi et qui doit sa prospérité à un réseaux d’exportation de produits à haute valeur ajoutée bien rôdé, tamponné du « Swiss Made ». Pour les plus ignorants d’entre nous, le suisse n’est pas casino online un banquier passant ses weekends à Gstaad et se déplaçant en voiture de luxe avec chauffeur pour rejoindre sa villa au bord du lac de Constance. Ca, c’est le quotidien d’une minorité d’étrangers ou suisses hyper fortunés. Le suisse est avant tout un paysan, beauf au possible mais bon gestionnaire, qui endosse volontiers le rôle de la fourmi plutôt que celui de la cigale. Ainsi, il comprend tout à fait que le succès de son pays est dû non seulement au rayonnement de ses produits à l’étranger, mais également de la forte main d’œuvre frontalière qui contribue grassement au PIB du pays. Ainsi, il paraît peu concevable que la confédération menée par Didier Burkhalter se tire une balle dans le pied remettant en cause l’ensemble d’un système plus que prospère, d’autant plus que la majorité des acteurs politiques s’opposent gravement à cette initiative qui irait à l’encontre des intérêts suisse. Tout le monde se retrouve ainsi dans une situation inconfortable avec d »un côté Bruxelles qui a fourni un accord libre-échange clé en main non négociable au détail et de l »autre Berne qui ne souhaite pas remettre en cause une affaire qui roule. 

Pensez également à une chose : les sources de l’immigration sont, en principe, liées à l’héritage de l’époque coloniale lourd à porter. La Suisse, de part sa neutralité, remet volontiers cet argument sur la table lorsque les discussions tournent au vinaigre. Bon, entre nous, le magot des plus grands dictateurs de ce monde – et des autres – est bien au frais en terre neutre, ce qui donne peu envie de les fâcher. Enfin, dans une époque où la mondialisation règne en maitresse sado-maso incontestée, il nous paraît peu probable que ce si petit pays prenne le risque de se renfermer sur lui-même alors qu’en dehors des heures de bureau la sécurité de son espace aérien est assurée par ses voisins. 

 

Pour aller plus loin : 

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