A 20 ans Pauline Ferrand Prévot est le grand espoir du cyclisme féminin français. Aussi à l’aise sur la route qu’en VTT, la Champenoise est bien partie pour représenter la France dans ces 2 disciplines aux JO cet été. Un talent qui s’exporte puisque Marianne Vos la numéro 1 mondiale sur route a absolument tenu à l’avoir à ses côtés pour la saison 2012 au sein de l’équipe Rabobank féminine. Les JO, ce changement d’équipe, sa notoriété naissante…autant de sujets sur lesquels elle a gentiment accepté de revenir pour WTFRU.

 

Wtfru : Tout d’abord Pauline, est ce que tu peux nous raconter comment tu es tombée dans le cyclisme ?

Pauline Ferrand Prévot : J’ai commencé le vélo très jeune à l’âge de 5 ans au sein de l’école de cyclisme de ma ville Reims. Depuis toute petite j’ai toujours eu de très bons résultats et c’est vrai que mes parents étant cyclistes ça a facilité pas mal de choses.

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Wtfru : Tu baignes dans le cyclisme depuis toute petite…

PFP : Oui on est une famille de cyclistes, d’ailleurs mon frère roule aussi en DN1. Je pense que ça favorise à la base d’avoir des parents qui sont du « milieu ». Ils sont conscients des sacrifices qu’imposent la pratique d’un sport comme le vélo, au niveau des déplacements et aussi au niveau financier. Je crois que c’est un avantage par rapport à quelqu’un dont les parents ne seraient pas directement sportifs.

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Wtfru : Tu viens de faire ton premier podium en coupe du monde de VTT, la qualification pour les JO est donc en très bonne voie dans cette discipline. Sais-tu comment tu vas préparer cet événement sachant que tu t’aligneras surement sur route et en VTT ?

PFP : En fait dans la saison avec mon entraineur on a défini 2 gros blocs. Le premier bloc de février à avril pour essayer de se qualifier. Là il se trouve que même s’il ne faut préjuger de rien, la qualif est quasiment acquise donc c’est déjà une bonne chose. Actuellement on est un peu entre les 2 blocs, c’est la période où je me repose, même si je ne me repose pas vraiment…et après on va partir sur l’autre gros bloc qui va vraiment être axé sur la préparation du rendez-vous olympique.

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Wtfru : Sur la route, tu as signée chez Rabobank cette année qui est une des très grosses équipes du circuit, au bout de 3 mois est ce qu’il y’a des aspects où tu sens clairement que tu as progressé ?

PFP : Je pense avoir gagné en maturité en intégrant cette équipe. Je suis plus sereine maintenant, j’ose plus prendre des décisions en course, avant je n’étais pas trop sûre de moi. C’est vrai que depuis cette année, le fait de côtoyer des filles comme Marianne Vos ça m’a aidé à avoir plus d’assurance.

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Wtfru : Justementest ce que tu ressens chez Marianne Vos certains traits de caractères typiques d’une grande championne ?

PFP : Marianne elle ne se pose pas de questions, sur une course elle ne regarde même pas qui est au départ. Elle ne s’occupe vraiment pas des autres elle sait ce qu’elle a faire, c’est quelqu’un qui ne se laisse pas influencer par les autres filles, elle est numéro 1 mondial et elle assume son statut.

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Wtfru : Justement en tant que grande leader, est ce que c’est quelqu’un de très exigent avec ses équipières, avec le staff ?

PFP : Pas du tout c’est vraiment quelqu’un de très simple, franchement elle est gentille avec tout le monde. Elle ne se comporte pas comme certaines leaders qui sont très directives. Aux briefings avant les courses c’est généralement Marianne désignée comme leader et c’est vrai que quand elle nous dit de rouler on sait pourquoi on roule. On sait qu’un jour elle nous rendra la pareille, je sais qu’un jour quand je serai devant, elle fera le boulot derrière pour moi, un jour elle m’aidera à en gagner une grosse. L’année dernière elle avait aidé Annemiek Van Vleuten a gagné la coupe du monde, c’est une fille qui est super généreuse.

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Wtfru : L’année dernière tu t’es révélée sur la Flèche Wallonne, est ce qu’il y a une épreuve qui te fais rêver tout particulièrement ?

PFP : C’est la Flèche ! Avec l’arrivée du mur de Huy je pense que c’est la course qui me convient le mieux et c’est la course qui me fait clairement le plus rêver, la fin est hyper dure et il faut vraiment aller au bout de soi même pour aller chercher la victoire. Je pense que dans quelques années ce sera vraiment un de mes grands objectifs.

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Wtfru : Sinon tu viens de signer pour un contrat de sportive de haut niveau au sein de la gendarmerie, pour toi maintenant ton temps est dédié à 100% au vélo ?

PFP : C’est clair, cette année je suis rentrée en école de kiné au mois de septembre, en cette année olympique l’entrainement occupe forcément une grande place et il faut aussi essayer de récupérer un maximum. Durant l’hiver je suis allée le plus possible en cours mais depuis que la saison a repris en février j’y suis de moins en moins, c’est un peu compliqué pour moi mais je vais reprendre ma formation l’an prochain un peu plus sérieusement.  Et oui effectivement en parallèle je suis entrée à la gendarmerie en tant que sportive de haut niveau, le but de ce programme c’est d’aider les sportifs en vue des JO et aussi au-delà puisque j’ai signé pour une durée de 5 ans. Après pour le matériel j’ai l’aide de mon équipe Rabobank, mais tout ce qui dépasse ce cadre comme mon préparateur physique, la personne qui s’occupe de moi sur le point de vue technique en VTT, je dois le payer et comme je n’ai pas trop d’aide au niveau de la fédération ça explique aussi ce choix.

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Wtfru : Tu commences à avoir une côte de popularité élevée, franchement Pauline tu n’en as pas marre que des mecs te fassent des déclarations d’amours sur ta page Facebook !? On a même vu un fan qui t’avait écrit une chanson…

PFP : (Rires) Oui je l’ai vu hier ! C’est la deuxième chanson qu’on m’écrit ! Franchement je trouve ça touchant que la personne ait pris du temps pour faire ça, c’est mignon. En fait ça me touche plus qu’autre chose. Après si la personne vient chez moi avec un bouquet de fleurs…je pense que ça va moins le faire !

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Wtfru : Mis à part ça tu as d’autres sollicitations, tu gères ça toute seule où tu as quelqu’un qui t’aide au niveau médiatique ?

PFP : Je n’ai pas d’agent, je n’ai personne qui soit spécialiste de la question à mes côtés. Tout simplement je n’ai pas envie qu’il y’ait trop de monde autour de moi, je pense que ce n’est pas super bon. C’est ma mère qui gère tout ça, qui essaie d’aller chercher des sponsors, qui répond aux mails. Tous les jours on envoie une dizaine de cartes postales, de photos et c’est vraiment ma mère qui gère tout ça. Je dois avouer qu’elle m’aide beaucoup là dessus et tant mieux car je n’aime pas trop faire tout ça.

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Wtfru : Pour finir, on sait que beaucoup de monde te suit, est ce que tu reçois des messages d’encouragement d’anciennes championnes voire d’anciens champions ?

PFP : Quelques fois j’en reçois effectivement, après c’est plus des filles qui faisaient du vélo avant comme Maryline Salvetat (ancienne championne du monde de Cyclo Cross en 2007). C’est avant tout des filles qui m’écrivent plutôt que des anciens pros, ça reste encore un peu macho comme milieu…

Merci beaucoup à Pauline pour nous avoir consacré un peu de son temps libre. WTFRU lui souhaite le meilleur pour la suite de sa saison. Ramène nous un truc de Londres !

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Interview du Dimanche #6: Pauline Ferrand Prévot, 9.9 out of 10 based on 19 ratings