Cannes finit sa première semaine avec les projections officielles de Still the Water de Naomi Kawase et Deux Jours, Une Nuit des frères Dardenne. Si le premier s’est fait plutôt qualifier de film ennuyeux, le deuxième fut reçu avec des acclamations et des critiques très positives. Il a un 100% de critiques positives sur Rotten Tomatoes, par exemple.

En parlant de films acclamés, Whiplash de Damien Chazelle, dans la Quinzaine des Réalisateurs, l’est énormément. La queue pour aller voir le film est d’ailleurs particulièrement impressionnante. J’ai pu l’expérimenter à 12h00. La queue allait jusqu’au coin de la rue. So ein Pech comme disent les Allemands, je n’ai pu aller le voir, à cause d’une sombre histoire… D’ACCREDITATION. Car oui, l’accréditation à Cannes est mère de toutes les déceptions et/ou embrouilles. Entre les queues où les gens ayant acheté leur place sont prioritaires aux accrédités et les différences de niveau dans les mêmes accréditations, à Cannes une seule règle prévaut : les contacts > les accréditations. Vous n’êtes réellement personne sans contacts. Et voilà pourquoi ma journée d’hier fut un véritable enfer pour démarrer. Une longue queue sans pouvoir rentrer (hmmmm), rentrer à l’appart entre deux séances et ne pas pouvoir y retourner.

LA star de Cannes

LA star de Cannes

C’était sans compter l’apothéose du Festival de Cannes (de mon Festival en tout cas). Le dernier jour, j’ai réussi à récupérer des invitations pour la projection officielle du dernier film de Zhang Yimou, Gui Lai, dans le Grand Théâtre Lumière, au balcon. Tenue de soirée exigée, avec nœud pap’, tapis rouge avec tout le monde, bref la totale ! Passée la petite heure d’euphorie de la montée, avec multiples selfies, photos de groupe, éclats de rire nerveux et pipis dans les magnifiques toilettes de la salle, le film peut enfin commencer (à ce moment-là, l’écran de la salle diffuse la montée des marches des différentes stars présentes à la projection).

Gui Lai

Gui Lai

Gui Lai est un film particulièrement fort émotionnellement dans la mesure où il traite de la Révolution Culturelle Chinoise par un angle très intéressant et assez original : un homme enfermé 20 ans rentre chez lui dans une maison où sa femme ne le reconnait plus et le chasse. Il n’a alors de cesse de la reconquérir. Le film est magnifiquement bien mis en scène avec des séquences dantesques, une douceur tragique et un trio d’acteurs absolument fabuleux composé de Gong Li, Chen Daoming et Zhang Huiwen. Si le film démarre un peu lentement, il enchaîne les scènes symboliques, fortes et parfois désespérantes. Même s’il est clair que le happy end étant absolument impossible, on finit quand même crucifié par un film qui aurait fait pleurer Spielberg une heure.

Quoi de mieux qu’un film chinois pour clore mon Festival de Cannes (je vous écris du train de retour), alors que j’ai démarré par un film chinois aussi ? Car ça y est, c’en est fini de Cannes pour cette année, sans savoir si je reviendrai l’année prochaine. Toujours est-il que c’est une expérience fabuleuse, bien loin de ressembler aux idées qu’on s’en fait. Ce n’est pas difficile d’accès, ce n’est pas élitiste, mais ce n’est pas non plus une réelle fête du cinéma dans la mesure où voir plus de 3 films par jour est compliqué. En revanche, c’est une ville qui ne vit que pour le cinéma pendant 15 jours et c’est assez marquant pour des cinéphiles compulsifs comme moi (qui n’ai pourtant vu que 7 films, 5 réussis et 2 navets).

Voir des réalisateurs pleurer devant leurs œuvres, des acteurs chamboulés par les standing ovations, des gens faire la queue pour découvrir une œuvre kazakh avant d’enchaîner avec le dernier Ryan Reynolds, c’est incroyable et impressionnant. Il faut le vivre une fois dans sa vie pour pouvoir en parler. Je compte déjà les jours pour le prochain Festival.

Kkeut

– Mon film préféré du Festival : Kkeut-Kka-Ji-Gan-Da de Kim Seong-Hun (La Quinzaine des Réalisateurs)
– Mon acteur préféré : Don Johnson dans Cold in July de Jim Mickle
– Mon actrice préférée : Zhang Huiwen dans Gui Lai de Zhang Yimou

– Mon pire film du Festival : Hermosa Juventud de Jaime Rosales

J’espère que vous avez aimé suivre les aventures d’un novice à Cannes. En tout cas, j’ai adoré parler de moi. See you next year.



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