the_chemical_brothers_born_in_the_echoes_cover(Virgin/EMI)

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Mais où étaient donc passés The Chemical Brothers ? Les deux compères de Manchester nous avaient habitué à des sorties rapprochées, avec pas moins de sept albums étalés sur quinze ans de carrière entre 1995 et 2010. Il aura cette fois-ci fallu attendre cinq années pour voir débarquer le successeur de Further. Alors un problème de lassitude ? Le besoin de souffler ? Pas vraiment car le duo n’a pas chômé durant cette période entre un disque en live, la participation à la bande originale du film Hannah et l’hymne officiel des J.O de Londres.
Ce laps de temps était donc nécessaire au processus de création de Born in the Echoes, huitième bébé de ces bidouilleurs musical de génie.

Et les années peuvent bien s’écouler, rien ne change vraiment dans la galaxie Chemical Bros. Ils connaissent la recette de leur succès sur le bout des doigts et apportent à leurs fans ce qu’ils attendent d’eux, à savoir cette électro big beat si caractéristique de l’Angleterre des années 90 (eux, Fatboy Slim, Prodigy etc etc). L’introduction Sometimes I Feel So Deserted suffit pour s’en convaincre, un énorme morceau à même de retourner n’importe quel public, de club ou de festival.

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Sometimes I Feel So Deserted

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On retrouve un côté totalement vintage sur la quasi totalité de l’album, bien plus proche des premiers opus que ne pouvaient l’être les derniers, Further ou encore We Are the Night. Rowlands et Simons s’aventurent entre le minimalisme des 80’s (EML Ritual), la house 90’s (Under Neon Lights en compagnie de l’exquise St. Vincent) et l’électro british que ne renierait pas Simian Mobile Disco (Reflexion) pour un patchwork des plus réussis. Comme le veut l’expression, c’est dans les vieux pots que l’on fait la meilleure confiture.

Mais Chemical Brothers ne serait pas Chemical Brothers sans ces touches rock et pop qui ont forgé la légende du groupe. Et elles sont bien présentes sur plusieurs titres, du très « Prodigy-esque » I’ll See You There – qui aurait eu sa place dans la bande son d’un Fight Club – pour le premier style à Born in the Echoes, titre très pop électronique dans l’ère du temps pour le second.
Sans oublier LE single Go avec le grand Q.Tip, prouvant une fois de plus au passage qu’il est le seul rappeur à l’aise qu’importe le genre musical, pour un morceau tout aussi efficace que ne l’était Galvanise sur Push the Button lors de la première réunion au sommet entre le duo et le leader d’A Tribe Called Quest.

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GO (feat. Q.Tip)

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Sans n’avoir plus rien à prouver, sans chercher à conquérir un public plus large, les deux anciens se font plaisir et invitent des copains de tout horizon à la fête (les déjà nommés Q.Tip et St. Vincent mais aussi Cate Le Bon, Ali Love ou encore Beck) pour un nouveau disque qui, sans être très original, s’avère particulièrement bon et remplit parfaitement son rôle premier de carte de visite de leur carrière. Suffisant pour ravir la fanbase et pour rester largement au-dessus de la mêlée. En tauliers.

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3.5

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