Kendrick-To-Pimp-A-Butterfly

Avec un peu de retard, voici notre récap’ de ce qu’il ne fallait pas louper en mars. Entre autre, un futur classique déjà tout désigné.

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.L’ALBUM DU MOIS: KENDRICK LAMAR – TO PIMP A BUTTERFLY

kendrick cover
Sans surprise, le titre d’album du mois (de l’année ?) revient à Kendrick Lamar et son To Pimp a Butterfly. Un opus qui mériterait une chronique à part entière d’au moins trois pages mais tout a tellement déjà été dit à son sujet que ce ne serait que répétition.
Attendu au tournant après un Good Kid M a a d City de haute volée, le rappeur californien réussit l’exploit de faire encore mieux ici. On louera tout autant l’interprétation possédée d’un homme en proie à ses propres contradictions, les lyrics durs que la prise de risque musicale retraçant soixante ans de musique afro-américaine. Épaulé par les géniaux Flying Lotus, Thundercat, Terrace Martin, Sounwave et leur accointance jazzo-funky-hiphop-cosmique, KDot signe un classique en devenir, salué par le public (déjà plus de 500 000 ventes) et par une critique qui n’en demandait pas tant.
Quelque part entre Funkadelic, Outkast, Miles Davis, Dre, Common et Tupac.

Wesley’s Theory (feat. George Clinton & Thundercat)

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.LES IMMANQUABLES

2015 année funk ? Il faut croire. Après le succès de Mark Ronson, l’exploit de Kendrick, voici un album et une alliance que l’on n’avaient pas vu venir mais pas moins dénués de qualité: Tuxedo.
Formé du producteur rap Jake One et du soul man Mayer Hawthorne, le duo sort de sa zone de confort pour offrir un disque qui sent bon l’été, la danse, les synthés et la bonne humeur. Une très bonne surprise.

Tout autre délire, beaucoup plus introspectif et porté par l’émotion, on ne peut que s’incliner une fois de plus devant deux génies de deux styles différents. Tout d’abord Sufjan Stevens qui signe un album en hommage à sa mère disparue, Carrie & Lowell. Habitué des expérimentations musicales, le chanteur du Michigan revient ici à une folk totalement traditionnelle pour coller à la beauté de ses textes. Pas franchement rigolo mais d’une élégance folle.
Le second, c’est l’inénarrable Chilly Gonzales. En cinq ans, le canadien fou aura sorti une bande originale de film, un album de rap, un disque pour piano, un opus électro avec Boys Noize et ici Chambers, disque pour piano et cordes. De la musique de chambre en forme de masterclass entre sophistication et esprit contemporain avec ce qu’il faut de pop. Totale réussite.

Gonzales, posey avec ses bougz à cordes.

Gonzales, posey avec ses bougz à cordes.

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.ET DANS LE RAP ALORS ?

Derrière Lamar, que retenir de ce mois de rap ? Et bien Action Bronson tout d’abord, avec son second vrai album, Mr. Wonderful qui confirme ce que l’on savait déjà. Le gros barbu ne sortira sans doute jamais LE disque parfait mais s’en contrefout totalement, préférant la forme au fond. Sur des pistes ponctuelles, il est capable de tout défoncer, mais il aime trop le n’importe quoi également pour s’en passer.

Mais c’est dans le rap français qu’il y a eu le plus de mouvement à l’arrivée du printemps avec pas moins de trois sorties majeures. Et comme très souvent malheureusement, c’est celui qui est le moins sous les spotlights qui s’en sort le mieux. Peut être aussi parce qu’il s’agit d’un « ancien » qui connait les rouages par cœur, en la personne d’Ali. L’ex acolyte de Booba propose une fois de plus avec Que La Paix Soit Sur Vous un ensemble cohérent, intelligent et solide, avec ce qu’il faut d’air frais en s’entourant d’un nouveau pool de producteurs. Parfait pour diffuser son message sans paraître trop redondant.
Les deux autres sont Dosseh et Kaaris que l’on aura du mal à dissocier tellement l’objet est semblable. Trap, énergique, trop long, mauvaise maitrise des temps forts et faibles. Avec petite mention pour Dosseh quand même, qui s’en sort un poil mieux du point de vue mceeing.

Moment carte vermeil: le duo underground new-yorkais Cannibal Ox a publié un nouvel opus, plus de quinze ans après un premier album devenu classique pour les backpackers. Le constat est très simple: ça plaira aux mêmes mecs qu’à l’époque, pas plus.
Sinon Ludacris aussi est ressorti du bois avec Ludaversal. Rien de neuf sous le soleil d’Atlanta, tout juste peut-on signaler que le meilleur morceau de l’album est produit par David Guetta. Oui oui. Peut être que ça résume assez bien l’affaire.

Pour finir, le petit Earl Sweatshirt a sorti un album de 29 minutes totalement inutile. Ça sent la carrière WTF quand même.

Action Bronson: gros, roux et juif. Comme si Cartman avait mangé Kyle.

Action Bronson: gros, roux et juif. Comme si Cartman avait mangé Kyle.

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.SINON

– La pop est un concept tellement vague que l’on peut dire qu’il y a eu trois albums pop publiés ce mois-ci qui méritent toute la considération possible sans que l’on puisse les rapprocher les uns des autres. Il y a eu d’abord of Montreal et son esprit poprock-psyché qui part dans tous les sens comme d’hab’ mais parvient à maintenir un niveau de qualité tout du long. On retrouve ensuite le groupe-choral I’m From Barcelona et sa pop bubble-gum rempli de bons sentiments, de soleils et de cuivre, et ça fait du bien. Puis le groupe de Baltimore, Lower Dens, plus penché pop électronique new wave avec un Escape From Evil de très haute facture. Faites votre choix.

– Le retour du mois que l’on attendait pas: Crookers. Le duo devenu solo est comme un gros kébab bien gras. On sait que c’est pas bon pour la santé mais on ne peut pas s’en empêcher de temps à autre.

– Dans l’électro on a aussi eu le premier essai de Brodinski (ENFIN) pour un résultat un peu trop bordélique mais pas dénué de bons moments. On peut causer aussi de l’EP de Diplo & Skrillex mais ça ne serait pas forcément en bien hein…

– Tiens, encore un peu de pop électro. Purity Ring rejoint définitivement les duos du genre capables de sortir d’excellents titres mais dont les albums sont bien trop anecdotiques. Pareil pour Twin Shadow qui lui a carrément décidé de se vendre. On reconnait qu’avec un tube comme Alone ça peut marcher.
Côté français, le jeunot Madeon débarque avec Adventure, un album qui plaira à sa tranche d’âge et aux publicitaires d’Apple, très contents de trouver une nouvelle bande son pour vendre leurs produits.

– Et on finit avec le titre du mois, voire de l’année, le premier single du retour de Tame Impala, Let It Happen

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